IO

Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 12:46

 Exonérations-copie-1

Ce graphique a été élaboré par une agence de la Sécurité sociale (1). Il montre que depuis 1992, les patrons ont bénéficié de plus de 316milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales (30 milliards l’an dernier).

Sur ce montant, les gouvernements successifs ont pris en charge, à la place des patrons, 275 milliards. Une somme énorme, que l’Etat a dû emprunter sur les marchés financiers et qui, au fil des ans, s’est gonflée d’intérêts.

Quarante et un autres milliards d’exonérations n’ont pas du tout été « compensés », et représentent une perte sèche pour la Sécu. Voilà comment, depuis vingt ans, ils ont délibérément fabriqué la dette de l’Etat et celle de la Sécurité sociale, pour subventionner les patrons !

On entend parler, en ce moment, d’un appel « pour un audit citoyen de la dette publique », signés par différentes personnalités et organisations.

« Une partie (de la dette), et laquelle, peut-elle être considérée comme illégitime, c’est-à-dire contractée au mépris de l’intérêt général et à ce titre faire l’objet d’une annulation ? », s’interrogent les initiateurs de cet appel.

Mais, au vu de ce tableau, en quoi un tel audit serait-il nécessaire ? Et quelle partie de cette dette pourrait être « légitime » ? Pas un centime !

Pas une mesure de rigueur frappant les travailleurs, pour payer cette dette, n’est « légitime ». La dette, c’est celle des patrons, des capitalistes, ils en font leurs choux gras depuis des années sur le dos de toute la population. Qu’ils se débrouillent pour la payer eux-mêmes !

Et que l’on ne nous parle plus de la nécessité de trouver d’autres sources de financement pour la Sécurité sociale.

Que les patrons remboursent les exonérations dont ils ont bénéficié, et on n’en parlera plus !

 

(1) Il s’agit de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (ACOSS), qui gère la trésorerie du régime général de la Sécu. Ce graphique a été publié dans son bulletin d’information, Acosstat, n° 138, novembre 2011.

 

 

 

Ces gens-là osent nous parler de la « fraude sociale » des salariés ?

(extrait de l’éditorial)

 

La véritable fraude, c’est prétendre qu’il faudrait subordonner toute la vie sociale au remboursement de la dette et à la réduction des déficits publics et, pour cela, sacrifier les hôpitaux, les services publics, les droits ouvriers et les emplois par millions.

La fraude, la vraie, c’est prétendre qu’il faudrait constituer des gouvernements d’union nationale au nom de l’« intérêt général »,alors que leur seule fonction est de tenter de contenir la colère ouvrière et d’imposer les coups les plus destructeurs, que ce soit en Grèce, en Italie ou en France (1).

Qu’on ne vienne pas nous parler de fraude sociale ! Quel que soit l’enrobage, chacune des attaques du plan Fillon 3, aggravé par les mesures qui, jour après jour, viennent l’alourdir, n’a qu’une justification : la défense frauduleuse d’un système capitaliste failli.

Pour les travailleurs et la jeunesse, rien n’est plus urgent que la réalisation de l’unité pour le retrait de toutes les mesures Fillon.

Pour le POI, cette urgence s’inscrit dans un combat plus vaste contre tout plan d’austérité présent ou à venir, et quelle que soit la couleur politique du gouvernement qui veut l’imposer. Un combat pour en finir avec la dictature de la troïka Union européenne-BCE-FMI et ouvrir la voie à l’indispensable reconquête de la démocratie politique. C’est le sens des meetings auxquels appelle le Parti ouvrier indépendant dans tout le pays.

 

(1) La charge contre la « fraude sociale » annonce un plan d’envergure contre tout l’édifice de la protection sociale fondée sur la solidarité ouvrière.

Par IO 175 16/11/2011 - Publié dans : IO
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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 15:10

Edito

Sous le parapluie de l’OTAN ? Non merci !

 

Que Sarkozy se félicite de ses hauts faits d’armes en Libye, il n’y a pas lieu de s’en étonner.

Mais que du PS au NPA en passant par le PCF, le Parti de gauche, etc., tous chantent la « victoire de la démocratie et de la liberté », c’est pour le moins stupéfiant.

Pour notre part, on nous permettra d’être plus lucides.

« Le miracle » de la chute de Tripoli « ne doit rien au hasard », écrit Le Figaro, qui précise que ce dénouement résulte d’« une stratégie préparée de longue date par (…) la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis et ses alliés, sous le parapluie militaire de l’Otan ».

Toujours selon Le Figaro, les forces aériennes de l’Otan ont réalisé 7 500 frappes aériennes. Mais ce n’était pas assez ! Il a fallu déployer « l’intense activité des alliés à terre (…). Les forces spéciales françaises et britanniques ainsi que des conseillers militaires américains, qataris et émiratis ont été déployés en secret sur le sol libyen pour mener des actions occultes. » Les mêmes ont également « armé la rébellion » et entraîné « une force d’un petit millier d’hommes, dont beaucoup sont des binationaux, revenus des Etats-Unis ».

Nous n’avons pour notre part, au POI, jamais apporté notre soutien au régime de Kadhafi. Nous ne pleurerons pas sa chute.

Mais nous ne sommes pas dupes. Ceux-là mêmes, les Sarkozy, les Cameron et tous les autres, qui accueillaient Kadhafi comme leur ami il y a quelques années ont décidé de déchaîner ce déluge de fer et de feu sur la Libye pour le chasser du pouvoir et le remplacer par des membres de son propre gouvernement, rebaptisés à la dernière minute « Conseil national de transition ».

Nous ne sommes pas dupes.

Le Parti ouvrier indépendant, qui, dès le premier jour, a condamné l’intervention militaire en Libye, ne se placera jamais « sous le parapluie de l’Otan ».Car le parapluie de l’Otan, c’est le parapluie des intérêts capitalistes et d’eux seuls.

En toutes circonstances, les opprimés et les exploités se doivent de défendre l’indépendance de leurs organisations. Et cela dans tous les domaines. Ainsi, en France, à l’heure où « l’intersyndicale », sous l’égide directe de la CFDT, revendique une « concertation » pour faire de la réduction des déficits publics une « priorité », il faut rappeler ce fait : les déficits ne sont creusés que par le paiement des intérêts de la dette, d’une part, et les exonérations fiscales et sociales accordées aux patrons, d’autre part. Le mouvement ouvrier n’a pas à entrer dans une quelconque discussion ou « concertation » sur la réduction des déficits publics ou le remboursement de la dette.

Le mouvement ouvrier n’a sa place ni sous le parapluie de l’Otan ni sous l’ombrelle du FMI ou de la Banque centrale européenne.

Pas un sou pour le remboursement de la dette ! Pas un sou pour le comblement des déficits ! Sur cette base, et en toute indépendance, le Parti ouvrier indépendant appelle à préparer le rassemblement internationaliste du 1er octobre, à Paris (1).

Daniel GLUCKSTEIN

 

(1) Pour qui douterait du rapport entre les deux questions, cette citation tirée aussi du Figaro : « La Libye, principale réserve d’or noir d’Afrique et quatrième producteur du continent, exportait avant le début de l’insurrection 80 % de son pétrole vers l’Europe, en particulier vers l’Italie et la France. Les spécialistes espèrent que les exportations d’hydrocarbures, aujourd’hui quasiment à l’arrêt, reprendront progressivement pour revenir à la moitié de leur niveau habituel l’an prochain et à 100% en 2013. » Ouf ! Les affaires reprennent.

A bas l’union sacrée !

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Mercredi 13 juillet 2011 3 13 /07 /Juil /2011 17:17

Edito

Tout s’accélère

 

Espagne, Portugal, Grèce… C’est au tour de l’Italie.

Ce 12 juillet, Giulio Tremonti quitte précipitamment ses collègues ministres des Finances de l’Union européenne réunis à Bruxelles. Il lui faut d’urgence rentrer à Rome pour « boucler » le plan de rigueur, dont l’adoption, prévue le 21, est avancée au 14 juillet. Il s’agit, explique le président du Sénat italien, de «  donner à l’étranger un signal de cohésion ».Message « reçu par les chefs de file de l’opposition de gauche et du centre au Sénat, qui ont indiqué (…) être d’accord avec une adoption “très rapide” de ce plan » (AFP, 12 juillet). De nouveau, le consensus droite-gauche pour répondre aux exigences des « marchés  », c’est-à-dire des spéculateurs et des capitalistes. Tous d’accord pour soumettre le peuple italien à un nouveau plan de rigueur de 40 milliards d’euros prélevés sur le dos de la classe ouvrière, de la jeunesse et des services publics.

A propos des services publics, justement  : l’organisation patronale européenne (PFE-CCRE) et la Fédération syndicale européenne des services publics (qui regroupe la totalité des organisations syndicales dans la fonction publique) viennent de signer une déclaration commune. Elles y «  saluent le guide de la Commission européenne sur les marchés publics socialement responsables ».Cette déclaration commune recommande de lire ce guide «  en parallèle avec le traité de Lisbonne », dont elle rappelle qu’il préconise la mise en place des «  services d’intérêt économique général  » (qui peuvent indifféremment être rendus par un service public ou un organisme privé). Le but étant de «  contribuer à une économie sociale de marché équitable ». Qu’est-ce qu’une «  économie sociale de marché équitable » ? C’est l’économie de marché, donc les privatisations, qui découlent de la « concurrence libre et non faussée » du traité de Maastricht (reprise dans celui de Lisbonne).On peut l’enjoliver de « social » ou « équitable », cela n’y change rien !

Ainsi, au moment où, dans toute l’Europe, l’Union européenne (dans le cadre de la « troïka ») impose le démantèlement des services publics et les privatisations, son « guide » sur les marchés publics (qui recommande la privatisation aux collectivités territoriales) obtient l’appui de la Fédération syndicale européenne (1) ! Ainsi se met en place la gouvernance corporatiste qui prétend associer les organisations ouvrières à la « troïka ».

Tout s’accélère. Nul ne peut croire qu’après l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Italie ne viendra pas le tour de la France. D’où l’importance de l’initiative lancée par 160 militants ouvriers et élus de toutes tendances et de toutes origines qui appellent le mouvement ouvrier à «  refuser le rôle que lui assignent les institutions internationales (FMI, BCE, Union européenne) et les gouvernements ».

Le POI, pour sa part, dans le respect de la diversité des signataires, ne peut que se reconnaître dans leurs objectifs. Et y puiser une détermination renouvelée à assurer le succès du meeting du 1er octobre avec des travailleurs et des militants venus de toute l’Europe pour dire d’une seule voix : non à la dictature de la « troïka », non à la dictature des déficits.

Daniel GLUCKSTEIN

Secrétaire national du POI

(1) La déclaration précise que l’adoption de ce guide est d’autant plus importante «  dans le contexte actuel de la crise économique et des mesures d’austérité  » dans laquelle «  les autorités locales et régionales pourraient inciter à opter pour le moindre prix ».

Par Edito - Publié dans : IO
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Jeudi 16 juin 2011 4 16 /06 /Juin /2011 09:13

Edito

“Nous ne devons rien, nous ne paierons rien”

 

Dimanche 12 juin : alors que le gouvernement du « socialiste » Papandréou présente son nouveau plan de rigueur et de privatisation destiné— conformément aux exigences de l’Union européenne et du FMI — à « réduire les déficits publics » et à rembourser la dette, des milliers de manifestants défilent à Athènes, pour le dix-neuvième jour d’affilée. Sur une banderole, il est inscrit : « Nous ne devons rien, nous ne paierons rien. » C’est là plus qu’un mot d’ordre : une perspective politique.

« Nous ne devons rien » : c’est un fait. Les déficits publics ont été et sont délibérément creusés. En France, par exemple, ils s’élèvent à 150 milliards d’euros, qui correspondent à 100milliards d’exonérations fiscales et sociales (accordées aux patrons) et à 50milliards de paiement des intérêts de la dette (au profit des grandes banques).Pas plus en Grèce qu’en France, les travailleurs et la jeunesse ne doivent donc un seul centime de ces déficits et de cette dette qui ne sont pas les leurs, mais ceux des capitalistes et des banquiers (1).

« Nous ne paierons rien » : c’est un mot d’ordre légitime. Mais pour qu’il devienne une réalité, encore faut-il que les organisations qui prétendent représenter les intérêts des travailleurs agissent en ce sens.

C’est là que les problèmes surgissent.

A l’heure où nous écrivons, nous ne savons pas encore quel sort le gouvernement Sarkozy réservera à la réforme constitutionnelle par laquelle il veut inscrire l’« obligation de réduire les déficits publics » dans la Constitution***. Ce que nous savons, en revanche, c’est que cette « obligation de réduction des déficits publics » se retrouve dans le programme du gouvernement, mais aussi dans les propositions du Parti socialiste et même dans les amendements du Parti communiste. Ce que nous savons, c’est que l’Union européenne, inquiète de ce que ses plans ne s’appliquent pas assez vite et assez fort, multiplie les pressions pour que, coûte que coûte, les mesures de rigueur et de destruction soient prises pour engraisser toujours davantage banquiers et spéculateurs. Ce que nous savons, c’est qu’après la Confédération européenne des syndicats, trois centrales syndicales françaises, l’UNSA, la CFDT et la CGT appellent à manifester le 21 juin en revendiquant (sic !) « Une réduction graduelle des déficits publics » (2).

Nous sommes là au cœur des problèmes : graduelle ou brutale, la réduction des déficits publics est une « revendication  » des gouvernements, des capitalistes, des banquiers, du FMI, de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne. La revendication ouvrière, qu’il s’agisse de l’emploi ou des salaires,des services publics, des retraites ou de la Sécurité sociale, a pour point de départ : « Nous ne devons rien et nous ne paierons rien. »

Aucune concession aux exigences de « réduction des déficits publics », aucun accommodement avec les plans de l’Union européenne et du FMI ! Les droits et les besoins du peuple travailleur et de la jeunesse doivent seuls guider la politique des organisations ouvrières ! Tel est le sens de la campagne engagée par le POI, qui a recueilli à ce jour 44 323 signatures, et que les développements de la situation nous font obligation d’élargir et de renforcer.

Daniel Gluckstein Secrétaire national du POI

(1) La dette publique elle-même n’a pris une telle ampleur que depuis le moment (il y a une trentaine d’années) où les Etats ont été contraints de se financer auprès des banques…dans le seul but (avoué) d’engraisser les spéculateurs !

(2) Communiqué commun UNSA-CFDT-CGT du 7 juin.

 

*** Selon le journal “Les Echos” du 15 juin (fin de journée) :

« "Que d'énergie pour une loi qui n'ira jamais à Versailles à la grande satisfaction secrète de nombre d'entre vous de la majorité qui nous en font la confidence dans les couloirs mais qui par prudence voteront", a ironisé Bernard Frimat (PS).

Nicolas Sarkozy aurait renoncé à convoquer le parlement en Congrès à Versailles, selon une source parlementaire, de peur de ne pas réunir la majorité requise des 3/5e. »

Par POI - Publié dans : IO
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 11:26

Edito

Pas une élection sans hausse de l’abstention et défaite du gouvernement sortant, qu’il soit de « gauche » ou de droite. Le Monde s’interroge sur cette situation qui touche toute l’Europe : faut-il incriminer « le chômage (…) massif » et « l’austérité », ou bien « une crise profonde de la démocratie représentative » nourrie par « une absence de vrais choix politiques » ? Les deux, mon général.

 

Expression de la profonde crise sociale, politique et institutionnelle qui mûrit, et donc du choc qui se prépare, la « crise de la démocratie représentative » touche toutes les classes sociales.

 

D’un côté, les ouvriers, les employés, les jeunes, les chômeurs, les mères de famille, les retraités constatent que, des « socialistes » Zapatero, Papandréou et Socrates aux dirigeants de droite Merkel, Sarkozy ou Berlusconi, tous les gouvernements appliquent les mêmes plans destructeurs du Fonds monétaire international et de l’Union européenne — traduisant les exigences d’une classe capitaliste en faillite.

 

D’un autre côté, capitalistes, banquiers et spéculateurs constatent que, face à la résistance de la classe ouvrière, des gouvernements en principe à leur botte ne réussissent pas à frapper aussi brutalement que nécessaire pour desserrer l’étau de leur propre crise.

 

Comment en sortir ? Pour Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, il est « urgent de renforcer les règles afin de prévenir tout laxisme budgétaire ».Ce 2 juin, il a préconisé que « les autorités européennes (…) pourraient, et devraient, le cas échéant, prendre elles mêmes les décisions qui s’appliquent au niveau de l’économie concernée », et qu’elles aient même « le droit d’opposer leur veto à certaines décisions de politique économique nationale », en particulier « les principaux postes de dépense budgétaire ».

Oui, vous avez bien lu : déjà réduits à peu de chose (hormis transposer les directives européennes et respecter le traité de Maastricht), les Parlements nationaux perdraient tout zeste de souveraineté !

 

Des Parlements soumis à un veto supranational ; des syndicats contraints de respecter « l’obligation » de réduire les déficits publics ; des partis soumis au consensus sur la même question : la « solution » de Trichet à la « crise de la démocratie représentative »… c’est la suppression de la démocratie !

 

Mais attention : vouloir passer de la dictature des déficits publics à la dictature tout court ne ferait que précipiter la marche à l’explosion. L’histoire se souvient qu’avant Trichet, un autre « Monsieur Veto » a contribué, bien malgré lui, à la chute de la monarchie…

 

Il y a une autre voie : celle de la rupture avec la dictature des déficits publics, un pas sur la voie la rupture avec l’Union européenne.

 

Cette voie est celle de l’indépendance des organisations syndicales libres de défendre les revendications ouvrières.

 

C’est la voie de l’établissement d’une authentique démocratie par une Assemblée constituante souveraine, dégageant les moyens d'une politique qui garantisse un vrai travail, un vrai salaire et une vraie qualification aux jeunes, une retraite aux anciens, un salaire et une protection sociale, des garanties collectives et des services publics à tous.

 

Aider les travailleurs et la jeunesse à s’ouvrir, par leur propre mobilisation, cette voie de la rupture et de la reconquête de la démocratie : tel est le sens de la campagne, dont le POI a pris l’initiative, contre la réforme constitutionnelle soumise au vote du Sénat le 14 juin.

D. Gluckstein

 

Lire aussi ce qu'en dit "Bruxelles"...

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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 18:31

IO150

Par IO - Publié dans : IO
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 17:02

IO-dito.jpgUn camarade du POI de Gironde a reçu un courrier d’un militant du Parti de gauche : «  Bonjour, ce que tu écris (sur le silence des partis de gauche par rapport à la réforme constitutionnelle) est inexact (…). Pour ton information, tu trouveras en fichier joint l’intervention de Jean-Pierre Brard, député de Seine-Saint- Denis,(…) le 3 mai dernier au nom du groupe des député-e-s communistes, républicains, citoyens,parti de gauche. » Remercions ce camarade du Parti de gauche pour le discours qu’il nous transmet et dont nous tirons ce passage : « Ce projet de réforme constitutionnelle (…) émane d’une majorité qui a constamment transgressé les critères qu’elle tente de constitutionnaliser. Vous n’avez jamais respecté les critères de Maastricht (...).Si l’on ne peut qu’admettre la nécessité de libérer la France de l’aliénation de la dette, la préoccupation fondamentale doit être de savoir sur qui doit peser l’effort du remboursement. » Rembourser  ? Non : il faut effacer cette dette qui n’est pas celle du peuple !
Il suffit pour s’en convaincre de prendre connaissance des faits rapportés par les journaux la semaine dernière, quand l’actualité se focalisait sur la mort de Ben Laden. Fin 2001, les Etats-Unis sont au bord de la récession. Surviennent les attentats contre le World Trade Center. Aussitôt, les dépenses militaires grimpent en flèche et servent de volant d’entraînement parasitaire à l’économie capitaliste.Dans le même temps, la Réserve fédérale américaine déverse à flots des liquidités pour relancer l’économie. Résultat : la récession est différée. Mais il y a une suite : l’économie explose sous le poids de la dette publique, enflée par les dépenses militaires ; et l’énorme bulle spéculative gonflée par ces capitaux déversés en masse éclate (crise des subprimes). C’est la récession de 2007-2008.
Des centaines de milliards sortis des caisses du Trésor public, aux Etats-Unis comme en Europe, vont renflouer banquiers et capitalistes faillis. Des millions d’emplois sont supprimés.Ce renflouement des spéculateurs aboutit, aujourd’hui, à la situation de la Grèce et du Portugal et…d’autres qui se profilent. C’est sur cette base que les gendarmes de la classe capitaliste (FMI, Union européenne,Banque centrale européenne) veulent imposer les plans meurtriers contre la classe ouvrière et les peuples.
Alors non, la question n’est pas «  qui doit rembourser ». Pas plus qu’elle n’est de savoir si le gouvernement «  a transgressé les critères de Maastricht », des critères qu’il voudrait aujourd’hui inscrire dans la Constitution, considérant que, sous la forme où ils ont été établis en 1992, ils n’ont pas permis d’empêcher le surgissement de la lutte de classe.
Se plier ou non à la discipline de la réduction des déficits publics : c’est une ligne de démarcation dans le mouvement ouvrier. Aussi radical que soit le discours, quiconque met le doigt dans cet engrenage ne peut qu’accompagner les plans destructeurs de la démocratie et de la classe ouvrière.
L’indépendance du mouvement ouvrier se concentre dans l’exigence : non à la réforme constitutionnelle,non à la dictature de la réduction des déficits publics ! Ce qui, pour le POI, se relie aux mots d’ordre d’annulation de la dette et de rupture avec l’Union européenne ! Et, bien sûr : dehors le FMI !

Daniel Gluckstein
Secrétaire national du POI

Cet article a été publié le 18 mai 2011
Par D. GLUCKSTEIN - Publié dans : IO
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Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /Juil /2009 18:13

Editorial du n° 56

Le Parti socialiste doit disparaître ». Ainsi parla Bernard Henri-Lévy, faisant écho au dirigeant Manuel Valls, pour qui « le mot socialisme, c'est un mot qui ne veut rien dire ». Depuis, c'est le déchaînement. Nombreux sont ceux qui s'accordent sur cette conclusion : ce parti doit disparaître.

Cela répond à une certaine logique. En démocratie, l'existence des partis politiques est supposée refléter de manière plus ou moins déformée les intérêts de classe contradictoires.

Qu'un parti porte le nom de « socialiste » (et un autre, celui de « communiste ») renvoie au mouvement historique par lequel la classe ouvrière a cherché à se constituer en classe, à travers ses organisations, syndicats et partis. Certes, les dirigeants de ces partis, lorsqu'ils furent au gouvernement (Mitterrand, puis la « gauche plurielle » de Jospin), acceptèrent de se plier aux injonctions de la classe capitaliste, privatisant et remettant en cause les droits ouvriers à tour de bras...

Mais, aujourd'hui, la classe capitaliste, le FMI, l'Union européenne exigent plus : il faut aller jusqu'au bout de la liquidation de ces partis, comme ce fut le cas en Italie. Car l'heure n'est plus à la démocratie, mais à la gouvernance ! Gouvernance mondiale, où Etats, FMI, Banque mondiale, mais aussi dirigeants des multinationales, dirigeants politiques de toutes tendances et responsables syndicaux devraient unir leurs efforts pour sauver l'économie capitaliste en décomposition. Gouvernance au plan national, où l'on exige des partis et des organisations syndicales qu'ils s'associent à toutes les contre-réformes du gouvernement, depuis l'application de la loi Bachelot jusqu'à la mise en place du contrat de transition professionnelle (CTP), ou encore aux contre-réformes dans l'enseignement.

De fait, les dirigeants qui acceptent d'accompagner ces politiques destructrices niant la lutte des classes ouvrent eux-mêmes la voie à la liquidation de leurs partis. Et pourtant... une dépêche de l'AFP titre, ce 15 juillet : « Face à la succession de plans sociaux, la radicalisation monte d'un cran. » Nul ne peut en douter : les conditions actuelles sont bien celles d'un aiguisement de la lutte de classe.

La classe ouvrière refuse de baisser la tête. Elle refuse de se soumettre passivement aux plans de liquidation des emplois, des droits, des garanties. Et c'est pourquoi, tout en s'abstenant massivement aux élections, elle n'a rien à gagner à la disparition de ces partis. Car une telle disparition ne servirait que les tenants de la gouvernance mondiale, partisans de l'intégration corporatiste.

A contre-courant, apparemment, Fabius vient de déclarer que Sarkozy pouvait être battu en 2012. Soit... Mais nous sommes en 2009... Ne faudrait-il pas, pour commencer, rompre, maintenant, tout de suite, avec la politique de Sarkozy ? Ne faudrait-il pas, non pas en 2012, mais maintenant, tout de suite forger l'unité pour bloquer la politique qui fait passer les plans de destruction d'emplois et veut contraindre les travailleurs et leurs organisations à les accompagner ?

Le mot « socialisme » n'a de sens que s'il se réapproprie son contenu social : celui de la défense de la classe des producteurs par les producteurs eux-mêmes. Laquelle, dans la situation dramatique que nous connaissons, se concentre sur la préservation de l'emploi et l'interdiction des licenciements.

Telle est, en tout cas, la raison qui a conduit le congrès de fondation du Parti ouvrier indépendant à inscrire fièrement dans sa devise : pour le socialisme, la République, la démocratie

 

Daniel GLUCKSTEIN
Par Edito - Publié dans : IO
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Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 17:51

Personne ne conteste que le maintien de tous les emplois est la question clé de la situation. Le 19 mars, alors que des millions de travailleurs étaient en grève et en manifestation, le journal capitaliste Les Echos relève dans un éditorial que « la survie dans l'emploi » est le premier objet « de la colère sociale ». Et le quotidien capitaliste de s'inquiéter de ces « 1 000 micro-conflits du travail, 1 000 sources potentielles de débordements »...

Celanese, à Pardies (64), Heuliez, à Cerisay (79), Siemens, Rhodia, Caterpillar, Goodyear, Rencast, Lalique, etc. Plus un jour ne passe sans l'annonce d'une fermeture d'usine, de plans de restructuration. Jusques à quand ? De toute part, les responsables affirment que la question de l'emploi est leur priorité. On voit même, dans certain parti de gauche, une élaboration s'engager sur des propositions de loi qui permettraient de bloquer certains licenciements.

Cela souligne combien vitale est la campagne engagée pour une marche unie pour l'interdiction de tous les licenciements. A ceux qui objectent que ce n'est pas si simple, que l'interdiction des licenciements pose des problèmes techniques, juridiques, légaux, nous répondons : la difficulté ne réside pas dans la manière dont pourrait être rédigée une telle interdiction. Par exemple, une proposition de loi pourrait très bien se formuler ainsi :

 

« Considérant la destruction de milliers d'emplois chaque jour.

Considérant que le gouvernement a accordé 428 milliards d'euros pour préserver les intérêts de la classe des exploiteurs en compensant leurs pertes spéculatives.

Considérant que la relance de l'économie a comme condition préalable le travail créateur de richesse et qu'il y a lieu par conséquent de résoudre cette question comme condition pour résoudre la crise dans son ensemble.

L'Assemblée nationale :

Article 1er : décide l'interdiction des licenciements.

Article 2 : annule les suppressions d'emplois prévues dans le public.

Article 3 : prend tous les moyens exceptionnels rendus nécessaires par la situation, tant aux plans financier que législatif et juridique, pour exécuter les deux points précédents. »

 

Donc, formuler une proposition n'est pas le problème. Tout se concentre dans ceci : une mesure à ce point exceptionnelle et pourtant vitale ne peut être imposée que par la mobilisation de millions. Là est la responsabilité des partis qui affirment représenter les intérêts ouvriers et populaires.

Chacun peut avoir ses propres formulations et propositions. Mais le point préalable, est-ce que ce n'est pas d'abord d'affirmer clairement et publiquement qu'il faut imposer l'interdiction des licenciements ? Le préalable, n'est-ce pas que tous les partis qui se réclament de la classe ouvrière et de la démocratie appellent ensemble à marcher sur Paris pour imposer cette me sure de salut public ?

C'est la question posée par ce travailleur de Caterpillar : avec deux semaines de travail à temps plein sur dix-sept, avec ce chômage technique imposé et non indemnisé, que fera-t-on quand on ne pourra même plus acheter des pâtes ou des pommes de terre pour nourrir nos enfants ?

Qui osera détourner la tête ? Qui osera ne pas répondre à cette question posée avec angoisse par un nombre grandissant de travailleurs ? Aucun responsable ne peut faire mine de regarder ailleurs. Il y a urgence : l'unité, maintenant, tout de suite, dans l'appel à la marche unie pour l'interdiction des licenciements.

Par D. Gluckstein - Publié dans : IO
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 18:13

RESPONSABILITES

 

Il est positif que le Parti communiste français se prononce désormais pour l'interdiction des licenciements. Il est positif également que, réunis le 9 mars, différents partis qui se réclament de la classe ouvrière1 aient discuté de la proposition du Parti ouvrier indépendant d'une marche unie à Paris pour l'interdiction des licenciements.

Mais peut-on en rester là ? Surtout, peut-on transformer une proposition d'action et de mobilisation en un sujet de discussion ?

Au cours de la réunion du 9 mars, une objection a été avancée par certains participants : plus s'approchent les élections européennes, plus il serait difficile à des partis qui présentent des listes concurrentes d'agir ensemble.

Cet argument peut-il être retenu ? S'il existe différents partis, c'est sans doute en raison de désaccords politiques, y compris sur l'Europe. Pour ce qui nous concerne, Parti ouvrier indépendant, nous estimons que la situation appelle des mesures de salut public : se dégager du nœud coulant du pacte de stabilité, confisquer sans indemnité ni rachat les avoirs des banques et assurances, nationaliser les secteurs clés de l'industrie, et tout cela pour permettre un véritable plan de sauvegarde de la population laborieuse. Ces mesures, à notre avis, exigent la rupture avec le traité de Maastricht-Amsterdam. Et au-delà : la sortie de l'Union européenne, l'élection en France d'une Assemblée constituante s'insérant dans un mouvement d'ensemble des peuples et des nations d'Europe pour reconstruire une union libre et fraternelle débarrassée des institutions réactionnaires de Bruxelles.

Telle est notre position. On peut en avoir d'autres. Mais cela peut-il être dressé comme un préalable ? Nous ne le pensons pas.

Que valent les propositions des uns et des autres si continue de déferler jour après jour la vague de destruction des emplois publics et privés ? Il y a officiellement en France 3 000 chômeurs de plus chaque jour. Le gouvernement annonce que cela va s'aggraver.

Attendre l'élection européenne du 7 juin ? 300 000 chômeurs de plus ! Mais mi-juin n'étant pas propice au lancement d'une mobilisation, attendre juin, c'est attendre septembre : 600 000 chômeurs de plus !

Et encore... L'exemple américain nous indique vers où nous allons : 25 000 emplois sont détruits chaque jour aux Etats-Unis.

Les « villages de tentes » constitués par les familles ouvrières expulsées de leurs logements poussent comme champignons dans toutes les grandes villes. Dans la seule ville de Sacramento (Californie), ils sont déjà 1 200 « habitants » de ce « village »... et ce nombre augmente de cinquante chaque jour !

En Europe, selon une étude réalisée en janvier par la Commission de Bruxelles2, il n'y aura de reprise économique ni en 2009 ni en 2010, et, durant ces deux années, « le chômage va croître considérablement dans la plupart des Etats ».

Chacun doit prendre ses responsabilités. C'est maintenant, c'est tout de suite que la décision doit être prise. Que les différents partis ouvriers marchent séparément, c'est une chose. Mais ils ont le devoir de frapper ensemble sur un même clou : l'interdiction des licenciements. Et de convoquer ensemble la marche unie sur Paris. Plus que jamais, la priorité est de forger, à tous les niveaux, les solides maillons de la chaîne de l'unité : les comités d'organisation pour la marche unie pour l'interdiction des licenciements.

 

(1) Notamment le PCF, le Parti de gauche, le NPA, le POI, etc.

(2) Financial Times, 10 mars.

 

Par D. Gluckstein - Publié dans : IO
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