Ce graphique a été élaboré par une agence de la Sécurité sociale (1). Il montre que depuis 1992, les patrons ont bénéficié de plus de 316milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales (30 milliards l’an dernier).
Sur ce montant, les gouvernements successifs ont pris en charge, à la place des patrons, 275 milliards. Une somme énorme, que l’Etat a dû emprunter sur les marchés financiers et qui, au fil des ans, s’est gonflée d’intérêts.
Quarante et un autres milliards d’exonérations n’ont pas du tout été « compensés », et représentent une perte sèche pour la Sécu. Voilà comment, depuis vingt ans, ils ont délibérément fabriqué la dette de l’Etat et celle de la Sécurité sociale, pour subventionner les patrons !
On entend parler, en ce moment, d’un appel « pour un audit citoyen de la dette publique », signés par différentes personnalités et organisations.
« Une partie (de la dette), et laquelle, peut-elle être considérée comme illégitime, c’est-à-dire contractée au mépris de l’intérêt général et à ce titre faire l’objet d’une annulation ? », s’interrogent les initiateurs de cet appel.
Mais, au vu de ce tableau, en quoi un tel audit serait-il nécessaire ? Et quelle partie de cette dette pourrait être « légitime » ? Pas un centime !
Pas une mesure de rigueur frappant les travailleurs, pour payer cette dette, n’est « légitime ». La dette, c’est celle des patrons, des capitalistes, ils en font leurs choux gras depuis des années sur le dos de toute la population. Qu’ils se débrouillent pour la payer eux-mêmes !
Et que l’on ne nous parle plus de la nécessité de trouver d’autres sources de financement pour la Sécurité sociale.
Que les patrons remboursent les exonérations dont ils ont bénéficié, et on n’en parlera plus !
(1) Il s’agit de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (ACOSS), qui gère la trésorerie du régime général de la Sécu. Ce graphique a été publié dans son bulletin d’information, Acosstat, n° 138, novembre 2011.
Ces gens-là osent nous parler de la « fraude sociale » des salariés ?
(extrait de l’éditorial)
La véritable fraude, c’est prétendre qu’il faudrait subordonner toute la vie sociale au remboursement de la dette et à la réduction des déficits publics et, pour cela, sacrifier les hôpitaux, les services publics, les droits ouvriers et les emplois par millions.
La fraude, la vraie, c’est prétendre qu’il faudrait constituer des gouvernements d’union nationale au nom de l’« intérêt général »,alors que leur seule fonction est de tenter de contenir la colère ouvrière et d’imposer les coups les plus destructeurs, que ce soit en Grèce, en Italie ou en France (1).
Qu’on ne vienne pas nous parler de fraude sociale ! Quel que soit l’enrobage, chacune des attaques du plan Fillon 3, aggravé par les mesures qui, jour après jour, viennent l’alourdir, n’a qu’une justification : la défense frauduleuse d’un système capitaliste failli.
Pour les travailleurs et la jeunesse, rien n’est plus urgent que la réalisation de l’unité pour le retrait de toutes les mesures Fillon.
Pour le POI, cette urgence s’inscrit dans un combat plus vaste contre tout plan d’austérité présent ou à venir, et quelle que soit la couleur politique du gouvernement qui veut l’imposer. Un combat pour en finir avec la dictature de la troïka Union européenne-BCE-FMI et ouvrir la voie à l’indispensable reconquête de la démocratie politique. C’est le sens des meetings auxquels appelle le Parti ouvrier indépendant dans tout le pays.
(1) La charge contre la « fraude sociale » annonce un plan d’envergure contre tout l’édifice de la protection sociale fondée sur la solidarité ouvrière.
