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Tout s’accélère
Espagne, Portugal, Grèce… C’est au tour de l’Italie.
Ce 12 juillet, Giulio Tremonti quitte précipitamment ses collègues ministres des Finances de l’Union européenne réunis à Bruxelles. Il lui faut d’urgence rentrer à Rome pour « boucler » le plan de rigueur, dont l’adoption, prévue le 21, est avancée au 14 juillet. Il s’agit, explique le président du Sénat italien, de « donner à l’étranger un signal de cohésion ».Message « reçu par les chefs de file de l’opposition de gauche et du centre au Sénat, qui ont indiqué (…) être d’accord avec une adoption “très rapide” de ce plan » (AFP, 12 juillet). De nouveau, le consensus droite-gauche pour répondre aux exigences des « marchés », c’est-à-dire des spéculateurs et des capitalistes. Tous d’accord pour soumettre le peuple italien à un nouveau plan de rigueur de 40 milliards d’euros prélevés sur le dos de la classe ouvrière, de la jeunesse et des services publics.
A propos des services publics, justement : l’organisation patronale européenne (PFE-CCRE) et la Fédération syndicale européenne des services publics (qui regroupe la totalité des organisations syndicales dans la fonction publique) viennent de signer une déclaration commune. Elles y « saluent le guide de la Commission européenne sur les marchés publics socialement responsables ».Cette déclaration commune recommande de lire ce guide « en parallèle avec le traité de Lisbonne », dont elle rappelle qu’il préconise la mise en place des « services d’intérêt économique général » (qui peuvent indifféremment être rendus par un service public ou un organisme privé). Le but étant de « contribuer à une économie sociale de marché équitable ». Qu’est-ce qu’une « économie sociale de marché équitable » ? C’est l’économie de marché, donc les privatisations, qui découlent de la « concurrence libre et non faussée » du traité de Maastricht (reprise dans celui de Lisbonne).On peut l’enjoliver de « social » ou « équitable », cela n’y change rien !
Ainsi, au moment où, dans toute l’Europe, l’Union européenne (dans le cadre de la « troïka ») impose le démantèlement des services publics et les privatisations, son « guide » sur les marchés publics (qui recommande la privatisation aux collectivités territoriales) obtient l’appui de la Fédération syndicale européenne (1) ! Ainsi se met en place la gouvernance corporatiste qui prétend associer les organisations ouvrières à la « troïka ».
Tout s’accélère. Nul ne peut croire qu’après l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Italie ne viendra pas le tour de la France. D’où l’importance de l’initiative lancée par 160 militants ouvriers et élus de toutes tendances et de toutes origines qui appellent le mouvement ouvrier à « refuser le rôle que lui assignent les institutions internationales (FMI, BCE, Union européenne) et les gouvernements ».
Le POI, pour sa part, dans le respect de la diversité des signataires, ne peut que se reconnaître dans leurs objectifs. Et y puiser une détermination renouvelée à assurer le succès du meeting du 1er octobre avec des travailleurs et des militants venus de toute l’Europe pour dire d’une seule voix : non à la dictature de la « troïka », non à la dictature des déficits.
Daniel GLUCKSTEIN
Secrétaire national du POI
(1) La déclaration précise que l’adoption de ce guide est d’autant plus importante « dans le contexte actuel de la crise économique et des mesures d’austérité » dans laquelle « les autorités locales et régionales pourraient inciter à opter pour le moindre prix ».
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