Mercredi 25 mars 2009 3 25 /03 /Mars /2009 17:51

Personne ne conteste que le maintien de tous les emplois est la question clé de la situation. Le 19 mars, alors que des millions de travailleurs étaient en grève et en manifestation, le journal capitaliste Les Echos relève dans un éditorial que « la survie dans l'emploi » est le premier objet « de la colère sociale ». Et le quotidien capitaliste de s'inquiéter de ces « 1 000 micro-conflits du travail, 1 000 sources potentielles de débordements »...

Celanese, à Pardies (64), Heuliez, à Cerisay (79), Siemens, Rhodia, Caterpillar, Goodyear, Rencast, Lalique, etc. Plus un jour ne passe sans l'annonce d'une fermeture d'usine, de plans de restructuration. Jusques à quand ? De toute part, les responsables affirment que la question de l'emploi est leur priorité. On voit même, dans certain parti de gauche, une élaboration s'engager sur des propositions de loi qui permettraient de bloquer certains licenciements.

Cela souligne combien vitale est la campagne engagée pour une marche unie pour l'interdiction de tous les licenciements. A ceux qui objectent que ce n'est pas si simple, que l'interdiction des licenciements pose des problèmes techniques, juridiques, légaux, nous répondons : la difficulté ne réside pas dans la manière dont pourrait être rédigée une telle interdiction. Par exemple, une proposition de loi pourrait très bien se formuler ainsi :

 

« Considérant la destruction de milliers d'emplois chaque jour.

Considérant que le gouvernement a accordé 428 milliards d'euros pour préserver les intérêts de la classe des exploiteurs en compensant leurs pertes spéculatives.

Considérant que la relance de l'économie a comme condition préalable le travail créateur de richesse et qu'il y a lieu par conséquent de résoudre cette question comme condition pour résoudre la crise dans son ensemble.

L'Assemblée nationale :

Article 1er : décide l'interdiction des licenciements.

Article 2 : annule les suppressions d'emplois prévues dans le public.

Article 3 : prend tous les moyens exceptionnels rendus nécessaires par la situation, tant aux plans financier que législatif et juridique, pour exécuter les deux points précédents. »

 

Donc, formuler une proposition n'est pas le problème. Tout se concentre dans ceci : une mesure à ce point exceptionnelle et pourtant vitale ne peut être imposée que par la mobilisation de millions. Là est la responsabilité des partis qui affirment représenter les intérêts ouvriers et populaires.

Chacun peut avoir ses propres formulations et propositions. Mais le point préalable, est-ce que ce n'est pas d'abord d'affirmer clairement et publiquement qu'il faut imposer l'interdiction des licenciements ? Le préalable, n'est-ce pas que tous les partis qui se réclament de la classe ouvrière et de la démocratie appellent ensemble à marcher sur Paris pour imposer cette me sure de salut public ?

C'est la question posée par ce travailleur de Caterpillar : avec deux semaines de travail à temps plein sur dix-sept, avec ce chômage technique imposé et non indemnisé, que fera-t-on quand on ne pourra même plus acheter des pâtes ou des pommes de terre pour nourrir nos enfants ?

Qui osera détourner la tête ? Qui osera ne pas répondre à cette question posée avec angoisse par un nombre grandissant de travailleurs ? Aucun responsable ne peut faire mine de regarder ailleurs. Il y a urgence : l'unité, maintenant, tout de suite, dans l'appel à la marche unie pour l'interdiction des licenciements.

Par D. Gluckstein - Publié dans : IO
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