Communiqué
« Pour la réouverture des lits d'hôpitaux avec le personnel nécessaire ! »
Coup sur coup, un enfant de 3 ans décède à Saint-Vincent-de-Paul et un homme de 56 ans meurt, faute de lit de réanimation dans les hôpitaux en région parisienne.
Les témoignages sont accablants : une femme médecin du SAMU de l'Essonne, de permanence dans la nuit de samedi à dimanche, s'indigne : « C'est rageant d'entendre que c'est la faute au hasard. C'est arrivé parce qu'on ferme des lits partout ! » (cité dans le Parisien du 30 décembre). Le président de la Société de réanimation ajoute : « On est en situation critique. Les hôpitaux n'ont aucune réserve de sécurité. »
Et l'association SAMU de France « demande la réouverture de lits de réanimation ».
On ne peut qu'être indigné par la recherche de boucs émissaires, qu'il s'agisse des médecins ou des infirmières, comme en témoigne la mise en garde à vue d'une infirmière de Saint-Vincent-de-Paul.
Les responsables, ce sont les gouvernements successifs qui, depuis des années, appliquent le Pacte de stabilité dicté par l'Union européenne, qui impose de tailler à la hache dans toutes les dépenses publiques (école, santé...) et remet en cause, par-là même, l'accès aux soins.
C'est d'ailleurs ce qu'ont dénoncé tous les syndicats du personnel de l'Assistance publique de Paris en appelant à manifester au ministère.
Le gouvernement a refusé de les entendre.
Il ose, maintenant, prétendre qu'il s'agirait d'une question de « mauvaise régulation » que sa future loi Bachelot viserait à résoudre.
Non. C'est l'inverse.
Le projet de loi Bachelot (dit « Hôpital, Santé, Patients, Territoires ») qui doit venir, début février 2009, au Parlement, aboutirait à aggraver encore la situation puisqu'il prévoit 20 000 suppressions d'emploi de personnels au niveau national et, sur l'Assistance publique de Paris, le passage de 38 hôpitaux à 13 « territoires de santé » avec, à la clé, la fermeture de services entiers et la suppression de 2 000 emplois.
Le ministre Woerth a déclaré, en octobre 2008 : « Ne croyez pas que la crise économique n'ait pas d'impact sur nos finances sociales », et une première augmentation des cotisations des mutuelles est annoncée.
360 milliards d'euros ont été offerts aux banquiers et aux spéculateurs, payés par des centaines de milliers de licenciements dans l'industrie et des dizaines de milliers de suppressions de postes dans le public.
360 milliards d'euros et il n'y aurait pas d'argent pour rouvrir les lits ?
Le POI, qui a pris l'initiative, avec 328 délégués réunis le 7 décembre 2008, d'un appel pour une marche unie sur Paris pour l'interdiction des licenciements, appuie la demande contresignée par des dizaines de milliers de personnels hospitaliers avec leurs syndicats unis pour le retrait de la loi Bachelot.
Il exige la réouverture des lits et des services fermés avec le personnel nécessaire.
Paris, le 30 décembre 2008
Les secrétaires nationaux du POI
Claude Jenet, Gérard Schivardi, Jean Markun, Daniel Gluckstein
Parti ouvrier indépendant
