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Matériel...

Dette 

 

 

Depuis des mois, ces deux termes font la « une » de l'actualité. Surtout, ils sont « l'argument » au nom duquel des plans de rigueur impitoyables sont à l'ordre du jour dans tous les pays, dictés par le FMI, l'Union européenne et la Banque centrale européenne. En France, comme dans les pays voisins, les partis et les organisations syndicales sont invités à réaliser une union sacrée avec le gou-vernement et le patronat pour décider ensemble des mesures pour réduire les déficits et rembour-ser la dette (et surtout payer ses intérêts). Et, c'est un fait, beaucoup cèdent à cette invitation. Pour les travailleurs et les jeunes qui combattent les mesures de rigueur, il est important de comprendre de quoi il s'agit. C'est l'objet de cet argumentaire que propose à la discussion le Parti ouvrier indé-pendant. Argumentaire qui n'épuise pas le sujet, mais qui, sur la base de faits et de données indiscu-tables et vérifiables, permet de comprendre ceci : cette dette, ces déficits sont le produit d'un sys-tème capitaliste en pleine décomposition et une arme entre ses mains pour dégager encore plus de profits. En ce sens, il ne s'agit pas d'une crise de « la dette », mais de la crise de décomposition du système capitaliste lui-même frappé à mort. D'où cette conclusion : cette dette, ces déficits ne sont pas ceux des travailleurs et du peuple, qui n'ont pas à sacrifier un seul droit, une seule conquête, pour les financer !

Prix : 0,50 euro.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 15:41

COMMUNIQUE

 

Agences de notation, c’est aux capitalistes qui vous contrôlent de payer leurs dettes !

 

En dégradant sa notation de la France, l’Agence Standard & Poor’s (propriété des capitalistes spéculateurs) indique, parmi les raisons de sa décision, le « niveau élevé de la dette publique et les rigidités du marché du travail ». Deux questions que,  S & P’s le reconnaît, le gouvernement Sarkozy traite avec sa « stratégie de consolidation budgétaire et ses réformes structurelles ». Mais S & P’s reproche au gouvernement de ne pas aller assez loin, assez vite.

 

Les « marchés » accentuent donc leur pression, menaçant la France d’être entraînée dans une spirale comparable à celle qui a englouti la Grèce, frappé l’Italie et l’Espagne. Au premier rang de leurs attaques : la remise en cause de l’emploi, des services publics et des garanties collectives de la classe ouvrière, en particulier la Sécurité sociale.

 

Déjà, avant même cette annonce, au nom des prétendus « impératifs » de la dette et des déficits publics, Sarkozy a convoqué un « sommet social » pour associer les organisations ouvrières à son projet de TVA sociale, tandis que François Hollande propose aux syndicats de « coproduire » les lois, et de rapprocher la Sécurité sociale de l’impôt !

 

Quiconque prétend représenter les intérêts des travailleurs et de la population,  devrait commencer par affirmer ce qui est la tradition du mouvement ouvrier : la Sécurité sociale, fondée sur le salaire différé est propriété des salariés et il n’y a pas lieu de remettre en cause son financement. Que les patrons restituent les 30 milliards d’exonérations annuelles dont ils bénéficient, et on n’’entendra plus parler du prétendu déficit.

 

Plus généralement : cette crise, cette dette, ces déficits, ce sont ceux des capitalistes et des spéculateurs. C’est à eux de payer !

 

Le Parti ouvrier indépendant réaffirme que la rupture avec la dictature de la dette et des déficits publics, la rupture avec les diktats de la troïka (FMI, Union européenne, Banque centrale européenne) est la seule voie pour sauver la population et le pays tout entier de la ruine et de la misère à laquelle voudraient les condamner les capitalistes et banquiers, les institutions et les gouvernements à leur service.

 

Samedi 14 janvier 2012

Claude Jenet, Gérard Schivardi, Jean Markun, Daniel Gluckstein, secrétaires nationaux

Par POI - Publié dans : Communiqué
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 12:46

 Exonérations-copie-1

Ce graphique a été élaboré par une agence de la Sécurité sociale (1). Il montre que depuis 1992, les patrons ont bénéficié de plus de 316milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales (30 milliards l’an dernier).

Sur ce montant, les gouvernements successifs ont pris en charge, à la place des patrons, 275 milliards. Une somme énorme, que l’Etat a dû emprunter sur les marchés financiers et qui, au fil des ans, s’est gonflée d’intérêts.

Quarante et un autres milliards d’exonérations n’ont pas du tout été « compensés », et représentent une perte sèche pour la Sécu. Voilà comment, depuis vingt ans, ils ont délibérément fabriqué la dette de l’Etat et celle de la Sécurité sociale, pour subventionner les patrons !

On entend parler, en ce moment, d’un appel « pour un audit citoyen de la dette publique », signés par différentes personnalités et organisations.

« Une partie (de la dette), et laquelle, peut-elle être considérée comme illégitime, c’est-à-dire contractée au mépris de l’intérêt général et à ce titre faire l’objet d’une annulation ? », s’interrogent les initiateurs de cet appel.

Mais, au vu de ce tableau, en quoi un tel audit serait-il nécessaire ? Et quelle partie de cette dette pourrait être « légitime » ? Pas un centime !

Pas une mesure de rigueur frappant les travailleurs, pour payer cette dette, n’est « légitime ». La dette, c’est celle des patrons, des capitalistes, ils en font leurs choux gras depuis des années sur le dos de toute la population. Qu’ils se débrouillent pour la payer eux-mêmes !

Et que l’on ne nous parle plus de la nécessité de trouver d’autres sources de financement pour la Sécurité sociale.

Que les patrons remboursent les exonérations dont ils ont bénéficié, et on n’en parlera plus !

 

(1) Il s’agit de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (ACOSS), qui gère la trésorerie du régime général de la Sécu. Ce graphique a été publié dans son bulletin d’information, Acosstat, n° 138, novembre 2011.

 

 

 

Ces gens-là osent nous parler de la « fraude sociale » des salariés ?

(extrait de l’éditorial)

 

La véritable fraude, c’est prétendre qu’il faudrait subordonner toute la vie sociale au remboursement de la dette et à la réduction des déficits publics et, pour cela, sacrifier les hôpitaux, les services publics, les droits ouvriers et les emplois par millions.

La fraude, la vraie, c’est prétendre qu’il faudrait constituer des gouvernements d’union nationale au nom de l’« intérêt général »,alors que leur seule fonction est de tenter de contenir la colère ouvrière et d’imposer les coups les plus destructeurs, que ce soit en Grèce, en Italie ou en France (1).

Qu’on ne vienne pas nous parler de fraude sociale ! Quel que soit l’enrobage, chacune des attaques du plan Fillon 3, aggravé par les mesures qui, jour après jour, viennent l’alourdir, n’a qu’une justification : la défense frauduleuse d’un système capitaliste failli.

Pour les travailleurs et la jeunesse, rien n’est plus urgent que la réalisation de l’unité pour le retrait de toutes les mesures Fillon.

Pour le POI, cette urgence s’inscrit dans un combat plus vaste contre tout plan d’austérité présent ou à venir, et quelle que soit la couleur politique du gouvernement qui veut l’imposer. Un combat pour en finir avec la dictature de la troïka Union européenne-BCE-FMI et ouvrir la voie à l’indispensable reconquête de la démocratie politique. C’est le sens des meetings auxquels appelle le Parti ouvrier indépendant dans tout le pays.

 

(1) La charge contre la « fraude sociale » annonce un plan d’envergure contre tout l’édifice de la protection sociale fondée sur la solidarité ouvrière.

Par IO 175 16/11/2011 - Publié dans : IO
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 14:11

C’est avec la plus grande indignation que les travailleurs et le peuple français rejettent le discours  de  Sarkozy. Celui-ci prétend dicter au peuple grec ce qu’il a le droit de faire, lui dire si un référendum est possible ou pas, quelle question doit y être posée, et même la réponse qui doit y être apportée !

Non, monsieur Sarkozy, c’est pure usurpation de votre part que de prétendre parler au nom du peuple français dans ce diktat adressé au peuple grec, « coupable » de se révolter contre le plan meurtrier dicté par les spéculateurs et les banquiers. C’est pure usurpation de votre part de prétendre agir au nom de la démocratie, vous qui avez déjà piétiné le vote du peuple français lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne et qui, aujourd’hui, menacez le peuple grec des pires foudres à la seule évocation du mot : référendum.

 

Personne n’est dupe. Quand Sarkozy (et avec lui Merkel, Obama et les dirigeants du capital financier international) exige du peuple grec qu’il renonce à toute souveraineté, tous les peuples d’Europe et du monde sont menacés. La brutalité de la mise en garde de Sarkozy vise, à travers le peuple grec, le peuple français lui-même puisqu’elle intervient la veille de l’annonce par Fillon d’un plan d’austérité renforcée.

 

Voila pourquoi le Parti ouvrier indépendant estime urgent que s’organise en France la mobilisation des travailleurs, des jeunes et de toute la population aux côtés des travailleurs grecs contre les représentants du capital financier et contre notre propre gouvernement de banqueroutiers et de spéculateurs.

 

Les travailleurs et le peuple grec ont le droit de dire non à un plan dicté par la troïka (FMI-Union européenne-BCE) qui ampute les salaires et les pensions (jusqu’à 40 % !), liquide des pans entiers de la fonction publique (30 000 licenciements immédiats), liquide toutes les conventions collectives dans le secteur privé, et veut réduire un peuple libre et souverain à un statut de peuple assujetti et misérable !

 

Le peuple grec, comme tous les peuples d’Europe, veut vivre libre. Il veut décider lui-même de son propre sort. Il refuse de se voir « sacrifier » sur l’autel des profiteurs, spéculateurs, banquiers et capitalistes du monde entier. Le peuple grec parle pour tous les peuples d’Europe en disant :

 « Cette dette n’est pas celle des travailleurs et des peuples. Que les capitalistes payent leur propre dette ! Que les banquiers et les spéculateurs payent l’addition de leurs opérations hasardeuses ! Nous ne reconnaissons à aucun gouvernement le droit de nous imposer leurs plans ! »

 

Le peuple grec a ouvert la seule voie qui permet de sortir du « piège » de la dette (et des critères de Maastricht garantissant la stabilité de l’euro) dans lequel on veut enfermer tous les peuples d’Europe : la voie du soulèvement légitime qui a déjà produit treize grèves générales et qui, d’une manière ou d’une autre, (y compris par le référendum) balaiera demain les mesures meurtrières. Il a ouvert la voie au peuple portugais, au peuple d’Espagne, au peuple italien... et il a préparé celle que devra emprunter aussi le peuple français pour sauver sa fonction publique, ses hôpitaux, sa Sécurité sociale et son industrie de la délocalisation. Il a ouvert la voie à la reconquête de la souveraineté populaire et de la démocratie qui exige de s’émanciper des carcans de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI.

 

Au moment où il est menacé d’être mis au ban de la « communauté internationale », il nous revient à nous, travailleurs de toute l’Europe — particulièrement à nous travailleurs français — de manifester notre solidarité active et de dire à notre gouvernement :

« Bas les pattes devant le peuple grec ! »

 

Dans la continuité du meeting internationaliste qu’il a organisé le 1er octobre à Paris (meeting au cours duquel des militants et responsables ouvriers de Grèce, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Espagne, du Portugal, d’Irlande ont pris la parole auprès des orateurs français), le bureau national du Parti ouvrier indépendant, réuni samedi 5 novembre, décidera des formes appropriées pour organiser la mobilisation en solidarité avec le peuple grec.

 

D’ores et déjà, contact est pris avec tous les partis et organisations qui se réclament de la défense des intérêts ouvriers afin de préparer une réponse d’envergure, dans l’unité la plus large, à la provocation du président de la République française représentant des seuls intérêts des banqueroutiers et des spéculateurs sans scrupules.

 

Les secrétaires nationaux du POI

Claude Jenet, Daniel Gluckstein, Gérard Schivardi, Jean Markun

Paris, le 3 novembre 2011, 12 heures

Par POI - Publié dans : Communiqué
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 09:59

banderolle.jpg

Destruction des services publics !

Asphyxie financière des hôpitaux !

Des milliards pour les banques,

la misère pour les peuples !

 

Grèce, Portugal,  Espagne, Italie... dans toute l'Europe les peuples rejettent les plans de la troïka (FMI, Union européenne, BCE) qui pillent les pays au compte des spéculateurs !

La troïka avec les gouvernements entendent mettre en œuvre la baisse des salaires, la liquidation de toutes les conquêtes sociales et brade au secteur privé toutes les entreprises publiques et nationalisées.

 

En France, comme en Grèce, en Espagne, au Portugal…

-impossible d’accepter le blocage des salaires, les suppressions d’emplois, la remise en cause des conventions collectives et des statuts, la destruction des services publics…

-impossible d’accepter les plans de la troïka

-impossible d’accepter quelque plan de rigueur que ce soit

 

Après Dexia, non au nouveau plan de renflouement des banques !

Arrêt du pillage des fonds publics !

La dette n'est pas celle du peuple ! Annulation !

 

La RGPP, comme la loi Hôpital Patients Santé et Territoires (HPST), la création des Agences Régionales de Santé (ARS) ou la création de l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP), partenariat Public-Privé, tarification à l’activité… autant de dispositions qui touchent à la prévention, à la gestion des établissements, à l’organisation de l’offre de soins à l’échelon régional et sa régionalisation... et aboutissent à la fermeture de pans entiers de services et de blocs, la fusion et le changement de vocations d’établissements, portent atteinte à l’organisation du système de Sécurité Sociale et de l’assurance maladie. Les établissements sont désormais tenus de gérer les pathologies des patients selon « leurs caractères rentables », de diminuer de manière arbitraire le temps d’hospitalisation, de faire payer de plus en plus d’actes directement par le « client », à savoir le patient.

 

Ainsi, il faudrait “stopper l’hémorragie du déficit” de l’hôpital de Digne estimé à 3,5 millions d’euros et “rationaliser à l’extrême les soins médicaux” à l’hôpital de Manosque menacé par un déficit supérieur à 4,5 millions d’euros !

 

Les fonds publics doivent être consacrés aux services publics et non au renflouement des banques !

Ni les personnels, ni les patients ne doivent faire les frais d’une dette qui n’est pas la leur !

 

Il n’est pas possible d’accepter la politique que veut imposer la « troïka » (FMI- BCE-UE). Il revient au mouvement ouvrier d’organiser la résistance pour défendre les intérêts des travailleurs mais aussi les conquêtes démocratiques et les acquis de la civilisation.

 

  • Abrogation de toutes les lois de démantèlement de l’hôpital public !
  • Maintien des personnels embauche des personnels nécessaires au bon fonctionnement !
  • Maintien des services et (ré)ouverture de ceux indispensables pour assurer le droit à la santé de la population !
Par POI 04 - Publié dans : tracts
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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 20:08

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Adresse du congrès extraordinaire

du Parti ouvrier indépendant

 

Nous, délégués au congrès extraordinaire du Parti ouvrier indépendant, réunis le 2 octobre 2011 à Paris, adressons notre salut et notre solidarité aux travailleurs et à la jeunesse de Grèce qui, en ce moment même, se dressent contre le plan meurtrier que la troïka Fonds monétaire international-Union européenne-Banque centrale européenne est venue dicter sur place. Plan que le gouvernement du « socialiste » Papandréou applique servilement.

Nous faisons nôtre l’appel lancé hier, devant des milliers de travailleurs et de jeunes, par la tribune du meeting internationaliste : sur tout le continent, combattre la dictature de la troïka et les plans de rigueur qu’elle dicte à des gouvernements de toutes couleurs politiques ; sur tout le continent, combattre toute soumission aux prétendus « impératifs » du remboursement de la dette et de la réduction des déficits publics, et donc combattre toutes les tentatives d’intégrer les organisations syndicales aux plans de rigueur de la troïka.

Notre congrès se réunit quelques jours après que les élections sénatoriales ont révélé la profondeur du rejet qui frappe non seulement le gouvernement et sa politique, mais tout le régime de la Ve République, dont l’accumulation des « affaires » étale au grand jour le degré de pourrissement et de décomposition. Un rejet exprimé par les élus locaux reflétant celui de toutes les couches de la population.

Pour l’immense majorité de la population ; pour les travailleurs confrontés aux plans de restructuration et de chômage ; pour les jeunes saisis d’angoisse devant la remise en cause des diplômes nationaux, l’absence de travail et la précarité généralisée ; pour les personnes âgées menacées de voir fondre leur maigre retraite et, sous couvert de dépendance, de ne plus bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité sociale ; pour les millions de travailleurs en attente d’un logement HLM adapté ; pour les paysans chassés de leurs terres ; pour les élus des communes qui se voient priver les uns après les autres de leurs services publics et qui refusent de voir disparaître les communes elles-mêmes ; pour tous, travailleurs, jeunes, élus, militants, une question se pose avec angoisse : comment briser cette spirale de destruction et de dévastation ?

Oui, il y a urgence à chasser la politique de destruction mise en œuvre par le gouvernement pour le compte des capitalistes, et à chasser le gouvernement lui-même. Comment cette exigence peut-elle se traduire dans le cadre de l’élection présidentielle de 2012 ? Sans qu’il soit possible d’avancer un « pronostic », on peut envisager que des millions de travailleurs et de jeunes apporteront leur suffrage aux candidats issus de partis se réclamant historiquement des intérêts ouvriers et populaires (tandis que d’autres s’abstiendront). Mais force est de constater que jamais élection n’a à ce point vidé de son contenu la signification du suffrage universel, puisqu’il s’agit de désigner un président de la République concentrant entre ses mains tous les pouvoirs que lui confèrent les institutions antidémocratiques de la Ve République, elles-mêmes subsidiaires de l’Union européenne qui conduit le pays à la ruine.

Dans une telle situation, le Parti ouvrier indépendant se doit de concentrer ses forces dans l’aide apportée, en toutes circonstances et sous toutes les formes, à la réalisation de l’unité des travailleurs, de leurs organisations et de la jeunesse, une unité scellée sur les aspirations et revendications les plus urgentes.

Le congrès estime, sur la base des discussions et des votes dans les comités et assemblées de congrès départementaux, que la tactique la plus adaptée concernant l’élection présidentielle de 2012 passe par la non-présentation d’un candidat à l’élection présidentielle.

Le Parti ouvrier indépendant n’a pas d’intérêts distincts de ceux de l’immense majorité des travailleurs et des jeunes qui aspirent à une véritable rupture avec la politique anti-ouvrière et antidémocratique du gouvernement Sarkozy-Fillon. Les militants du POI partagent cette aspiration.

Dans une situation où déjà s’appliquent les plans de la troïka avec les conséquences désastreuses pour les travailleurs et leurs familles, peut-on attendre une telle rupture d’une élection où les deux candidats du deuxième tour, avant même d’être élus, s’engagent à payer la dette aux banques, à imposer la réduction des déficits publics dans le cadre de Maastricht et à mettre en œuvre la politique de rigueur exigée par la Banque centrale européenne ? Une telle rupture est-elle possible, si le gouvernement issu de l’élection présidentielle de 2012, décide, pour ramener les déficits à 3 %, de tailler dans le budget de la nation à hauteur de 80 à 100 milliards d’euros, d’attaquer de nouveau les retraites, de liquider des centaines de milliers d’emplois dans les services publics, d’imposer un plan de rigueur d’une violence sans précédent, menaçant tout l’édifice des conquêtes sociales et démocratiques arrachées dans notre pays par la lutte de classe ?

Pas plus en France qu’en Grèce ou dans le reste de l’Europe, les travailleurs ne peuvent accepter les plans d’austérité, ni en 2011 ni en 2012. Les travailleurs veulent chasser une politique, un président, un gouvernement tout entiers au service de la classe capitaliste et de ses institutions. Mais ce n’est pas pour les remplacer par un autre président et un autre gouvernement qui appliqueraient en France les plans meurtriers des Zapatero et Papandréou ! Ce que veulent les travailleurs, c’est que soient prises les mesures d’urgence et de sauvegarde de la classe ouvrière et de la démocratie : interdire les licenciements, arrêter la RGPP (révision générale des politiques publiques), rétablir les centaines de milliers d’emplois supprimés dans les hôpitaux, écoles, bureaux de poste, arrêter les privatisations, renationaliser les services publics, rétablir la Sécurité sociale sur ses bases de 1945, abroger les contre-réformes, à commencer par celle des retraites, faire respecter la stricte séparation des églises et de l’Etat (et pour commencer le principe républicain : fonds publics à l’école publique, fonds privés à l’école privée). Quel gouvernement aura la volonté — et s’en donnera les moyens — de prendre de telles mesures ? Un gouvernement qui aura l’audace de s’engager sur la voie de la rupture, d’annuler la dette et les traités européens et internationaux qui en garantissent le paiement, de confisquer les avoirs des banques et de briser le carcan imposé par la troïka (FMI-UE-BCE).

Avancer dans cette voie impliquerait que soient balayées les institutions antidémocratiques de la Ve République et de l’Union européenne, des institutions dont la seule fonction est de perpétuer l’oppression du peuple et l’exploitation de la classe ouvrière. Partisan de restaurer le suffrage universel dans toute sa signification démocratique, le Parti ouvrier indépendant se prononce pour l’élection d’une Assemblée constituante souveraine composée de délégués élus, mandatés et révocables concentrant entre leurs mains le pouvoir d’édifier des institutions libres et souveraines capables de briser la dictature de la troïka. Seul un gouvernement appuyé sur une telle Constituante souveraine disposera des moyens de prendre les mesures d’urgence et de sauvegarde du peuple travailleur et de la jeunesse.

Sur cette base, le congrès extraordinaire du Parti ouvrier indépendant — qui combat pour le socialisme, la République et la démocratie — décide d’ordonner toute la politique du parti sur les mots d’ordre « Non à la dictature de la troïka », « Dehors l’Union européenne, le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne », « A bas les institutions de la Ve République », « Assemblée constituante, maintenant, tout de suite, pour rétablir la souveraineté du peuple, établir la démocratie, ouvrir la voie à un gouvernement d’urgence de sauvegarde du peuple travailleur et de la démocratie », en s’attachant à traduire ces mots d’ordre dans chacune des revendications concrètes des travailleurs et de la jeunesse. Seule la classe des opprimés et des exploités se mobilisant et s’organisant sur son propre terrain de lutte de classe peut ouvrir une telle issue. C’est pourquoi il nous revient, comme POI, d’aider politiquement au combat de résistance sur tous les plans.

  • En contribuant au succès de la conférence nationale du 26 novembre, à l’initiative des 160 militants ouvriers et élus de toutes tendances qui ont lancé l’appel du 2 juillet. Constatant que le refus de la rigueur, de la soumission aux diktats des déficits publics s’exprime très largement dans toutes les organisations, et cela quelle que soit la position des dirigeants — que ces dirigeants aient accepté ou refusé d’inclure dans les revendications la nécessité d’examiner « avec le gouvernement et le patronat les mesures à prendre » pour « réduire la dette » et « pour la maîtrise des déficits publics » — un tel rassemblement de militants ouvriers de toutes tendances, unis dans leur refus de subordonner l’action de classe au consensus dicté par Bruxelles, Francfort, Washington constituera un solide point d’appui pour aider la classe ouvrière à imposer sa volonté.
  • En aidant à constituer la délégation de maires qui se rendra à l’Elysée début décembre pour dire : « Respect du suffrage universel, ne mettez pas en place les schémas départementaux de coopération intercommunale (SDCI) ». Le congrès approuve le communiqué des secrétaires nationaux analysant : les élections sénatoriales expriment le rejet massif des SDCI et de la réforme territoriale, un rejet dans lequel la campagne du Parti ouvrier indépendant occupe toute sa place.
  • En décidant, dès maintenant, de grouper travailleurs et militants autour de candidatures ouvrières et démocratiques aux élections législatives de juin 2012. Au lendemain de la présidentielle, ces élections seront l’occasion, face aux tentatives d’imposer les mesures de rigueur exigées par la troïka, de présenter des élus et des militants ouvriers enracinés dans leurs circonscriptions, dont la campagne, sur les mots d’ordre politiques de rupture avec la Ve République et l’Union européenne, de combat pour l’Assemblée constituante et pour un authentique gouvernement de défense des travailleurs et de la démocratie, sera un levier de construction du parti. Enregistrant les premières propositions des comités départementaux, le congrès constitue une commission chargée de présenter au conseil fédéral national de janvier un rapport sur cette question.
  • En réaffirmant son engagement résolu dans la lutte contre la guerre, et en particulier contre les interventions militaires en Libye, en Afghanistan et dans d’autres pays, auxquelles participe le gouvernement français au mépris de la souveraineté des nations et des intérêts des peuples. Le Parti ouvrier indépendant répond favorablement à l’invitation du Parti des travailleurs d’Algérie à participer à la conférence d’urgence convoquée pour la défense de la souveraineté des nations du Maghreb et du Sahel, et contre toutes les interventions militaires et ingérences étrangères, conférence convoquée par ce parti. Le congrès transmet son salut fraternel au comité de coordination de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples qui se réunit la semaine prochaine à Alger et réaffirme sa solidarité avec les travailleurs et les peuples du monde entier qui combattent contre les guerres imposées par les grandes puissances au service de leur politique d’exploitation et d’oppression.

En conclusion : la crise majeure dans laquelle est entrée la civilisation, crise économique, politique, sociale, institutionnelle ne sera résolue que par la libération de l’humanité des chaînes de l’exploitation et de l’oppression, laquelle sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, en France comme à l’échelle internationale.

Pour y parvenir, les exploités et les opprimés doivent pouvoir disposer du solide point d’appui que constitue un parti fidèle aux seuls intérêts de la classe ouvrière, parce qu’indépendant. C’est pourquoi, à l’aube de combats majeurs qui verront sur le continent européen se poursuivre les processus de libération des peuples, commencés voilà près d’un an en Tunisie, nous appelons les travailleurs, les jeunes qui partagent ces objectifs et veulent s’organiser pour combattre, à nous rejoindre.

Ensemble, construisons le Parti ouvrier indépendant.

Adoptée à l’unanimité

Par POI - Publié dans : Communiqué
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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 20:05

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APPEL DU MEETING INTERNATIONALISTE DU 1° OCTOBRE 2011

 

Militants et responsables d’organisations ouvrières de Grande-Bretagne, d’Allemagne, de Grèce, d’Irlande, d’Espagne, du Portugal, de France, nous avons pris la parole à la tribune du meeting internationaliste de Paris convoqué par le Parti ouvrier indépendant (membre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples). Nous avons entendu les messages de Sami Tahri, secrétaire général du syndicat des enseignants du secondaire de l’UGTT (Tunisie) et de Donna Dewitt, présidente de l’AFL-CIO de Caroline du Sud, Etats-Unis (à titre personnel). Depuis la tribune de ce meeting, en présence de milliers de travailleurs et de jeunes, nous adressons notre salut fraternel aux travailleurs grecs appelés une nouvelle fois à la grève générale dans les prochains jours pour empêcher les plans meurtriers de la troïka FMI/UE/BCE et du gouvernement Papandréou à son service.

 

Salut fraternel aussi aux enseignants espagnols en grève contre les plans de rigueur, aux travailleurs britanniques qui préparent la grève pour sauver leurs régimes de retraite.

Salut fraternel au peuple tunisien dont le soulèvement révolutionnaire pour l’eau, le pain et la liberté continue de frayer son chemin malgré les obstacles auxquels il se confronte.

Dans le monde entier, face à la banqueroute du système capitaliste, les travailleurs n’ont d’autre choix que de dresser grèves, manifestations, mobilisations pour mettre en échec les plans destructeurs que prétendent imposer des gouvernements de « gauche » comme de droite, agissant en serviles exécutants de la troïka, et au mépris de toute souveraineté des nations.

C’est de légitime défense qu’il s’agit. Au nom de déficits publics qu’ils ont eux-mêmes creusés en renflouant banquiers et spéculateurs, au nom d’une dette qui n’est pas celle des peuples, ces gouvernements de toutes couleurs politiques précipitent l’humanité dans la barbarie. Et, au nom de ces mêmes prétendus « impératifs », ils voudraient enchaîner les organisations ouvrières à des combinaisons de consensus ou d’union sacrée.

Nous affirmons : il revient au mouvement ouvrier de barrer la route à la barbarie

La seule vocation du mouvement ouvrier est de défendre les intérêts, revendications, aspirations des exploités et des opprimés et d’assurer cette défense en toute indépendance.

C’est ainsi qu’il contribue au mouvement d’ensemble par lequel les peuples trouveront la voie pour se libérer de la dictature de la troïka (FMI-UE-BCE), et reconquérir justice sociale, démocratie et souveraineté des nations.

Nous affirmons : plus que jamais doit résonner le vieux mot d’ordre du mouvement ouvrier « Travailleurs du monde entier, unissez-vous ». Pour notre part, dans le respect des positions des uns et des autres, et des prérogatives des organisations auxquelles nous appartenons, nous prenons l’engagement d’aider à la mobilisation unie des travailleurs et des peuples en menant campagne dans toute l’Europe autour des exigences communes à tous :

Aucune mesure de rigueur n’est acceptable, retrait des plans, défense des revendications !

La dette n’est pas celle des peuples : annulation !

Aucune soumission au consensus sur la réduction des déficits publics : indépendance du mouvement ouvrier !

Non à la dictature de la troïka FMI-UE-BCE !

Sur cette base, les soussignés, s’engagent, dans le respect des formes d’organisation propre à chaque pays, à faire connaître cet appel, à promouvoir dans chaque pays des initiatives auxquelles pourraient être invités travailleurs et militants d’autres pays. Et à soumettre à la discussion la proposition de réunir une « conférence d’urgence et de défense » de délégués de travailleurs et militants venus de toute l’Europe pour contribuer à ouvrir la voie d’une Europe fraternelle des travailleurs et des peuples débarrassée des diktats du FMI, de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne, et respectueuse des seuls intérêts vitaux de la population.

Brian Forbes, responsable national à l’organisation du syndicat Mandate, (Irlande) ; Alex Gordon, président du syndicat des cheminots, des marins et des ouvriers du secteur des transports (Grande-Bretagne) ; Jordi Salvador Duch, secrétaire de l’UGT de Tarragone (Espagne) ; José Baiao, membre de la commission des travailleurs de la compagnie aérienne nationale TAP (Portugal) ; Hélène Zografaké-Telemè, membre de la commission exécutive de OLME, syndicat des enseignants du secondaire (Grèce) ; Paul Paternoga, responsable IG Metall, président du conseil d’entreprise de l’entreprise Humboldt-Wedag, membre de la direction régionale de la commission ouvrière (AfA) du SPD de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne) ; Adelaïde, étudiante, au nom des groupes de l’Alliance des Jeunes Révolutionnaires (AJR) (France) ; Gérard Schivardi, secrétaire national du POI, (France) ; Patrick Hébert, militant syndicaliste (France) ; Jean Markun, syndicaliste mines de fer (France) ; Daniel Gluckstein, secrétaire national du POI (France).

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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 15:32

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Le revers de la droite était attendu. Mais l’ampleur du rejet, lors des élections sénatoriales du 25 septembre, dépasse tous les pronostics. « La réforme territoriale et la refonte de la carte des communautés d’agglomération ont suscité un vif mécontentement chez une partie des grands électeurs sans étiquette partisane qui représentent 40 à 50 % du corps électoral », relève Le Figaro. A quoi s’ajoutent les conséquences des destructions massives des services publics dans les communes et les départements.

Les uns et les autres font des déclarations. Chacun suppute sur les conséquences pour 2012. Certains annoncent qu’en cas de changement de majorité politique, ils maintiendront la réforme territoriale, d’autres envisagent d’en modifier les contours.

Mais le rejet exprimé porte une exigence qui n’attend pas 2012 : c’est au plus tard le 31 décembre 2011 que les préfets doivent arrêter les périmètres des schémas départementaux de coopération intercommunale (SDCI), pièce maîtresse de la réforme territoriale ; c’est donc maintenant, tout de suite, qu’ils doivent être bloqués !

Depuis des mois, le Parti ouvrier indépendant fait campagne en ce sens. La lettre adressée par Gérard Schivardi en direction des élus recueille un soutien massif. Ce dimanche 25 septembre, jour des élections sénatoriales, par centaines, des élus ont ajouté leur nom à la liste des premiers signataires.

Chacun le comprend : si des élus locaux expriment un tel rejet, c’est que, dans les profondeurs de la population, grandit la révolte contre la politique de destruction dictée par l’Union européenne et relayée par le gouvernement.

Les SDCI, de l’aveu même du gouvernement, visent à la fois à liquider l’échelon démocratique de la commune, et à satisfaire à l’exigence de réduction des déficits publics et de remboursement de la dette. Le rejet, c’est le rejet du consensus que l’on cherche à imposer au nom de la réduction des déficits publics et du remboursement de la dette. C’est un mouvement commun aux élus et aux militants ouvriers qui signent l’appel des 160 contre la dictature de la troïka FMI-UE-BCE.

A nouveau s’exprime la puissance de la tradition démocratique de nos 36 000 communes, foyers de démocratie politique héritiers directs de la Révolution française.

A l’heure où le régime de la Ve République se disloque dans une succession d’affaires qui semblent ne jamais devoir prendre fin, à l’heure où le système capitaliste se décompose dans les affres de sa propre crise, la résistance des communes converge avec la résistance de la classe ouvrière. L’une et l’autre appellent une solution sur le terrain de la démocratie politique, adossée à la libre administration des communes et à la libre organisation indépendante de la classe ouvrière (syndicats et partis).

Le rejet du 25 septembre traduit un mouvement en profondeur qui ne pourra trouver de solution que dans la mobilisation effective des élus, des travailleurs et de toute la population pour en finir avec les diktats de la troïka FMI/UE/BCE. Quiconque ne le comprend pas risquerait demain de se trouver à nouveau confronté à des situations inattendues, et cela, pas nécessairement sur le terrain électoral.

Devant l’urgence de la situation et la gravité des conséquences qui en découlent au plan de la démocratie, les délégués au congrès extraordinaire du Parti ouvrier indépendant, réunis le 2 octobre à Paris, seront saisis de propositions permettant au parti d’assumer ses responsabilités dans l’aide qu’il n’a cessé d’apporter et qu’il lui faut aujourd’hui amplifier pour bloquer la mise en œuvre de la réforme territoriale et les SDCI.

 

Claude Jenet, Daniel Gluckstein,

Gérard Schivardi, Jean Markun

Paris, le 27 septembre 2011

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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 22:03

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Lire la déclaration du Bureau national du POI du 3 septembre...

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Mercredi 24 août 2011 3 24 /08 /Août /2011 15:10

Edito

Sous le parapluie de l’OTAN ? Non merci !

 

Que Sarkozy se félicite de ses hauts faits d’armes en Libye, il n’y a pas lieu de s’en étonner.

Mais que du PS au NPA en passant par le PCF, le Parti de gauche, etc., tous chantent la « victoire de la démocratie et de la liberté », c’est pour le moins stupéfiant.

Pour notre part, on nous permettra d’être plus lucides.

« Le miracle » de la chute de Tripoli « ne doit rien au hasard », écrit Le Figaro, qui précise que ce dénouement résulte d’« une stratégie préparée de longue date par (…) la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis et ses alliés, sous le parapluie militaire de l’Otan ».

Toujours selon Le Figaro, les forces aériennes de l’Otan ont réalisé 7 500 frappes aériennes. Mais ce n’était pas assez ! Il a fallu déployer « l’intense activité des alliés à terre (…). Les forces spéciales françaises et britanniques ainsi que des conseillers militaires américains, qataris et émiratis ont été déployés en secret sur le sol libyen pour mener des actions occultes. » Les mêmes ont également « armé la rébellion » et entraîné « une force d’un petit millier d’hommes, dont beaucoup sont des binationaux, revenus des Etats-Unis ».

Nous n’avons pour notre part, au POI, jamais apporté notre soutien au régime de Kadhafi. Nous ne pleurerons pas sa chute.

Mais nous ne sommes pas dupes. Ceux-là mêmes, les Sarkozy, les Cameron et tous les autres, qui accueillaient Kadhafi comme leur ami il y a quelques années ont décidé de déchaîner ce déluge de fer et de feu sur la Libye pour le chasser du pouvoir et le remplacer par des membres de son propre gouvernement, rebaptisés à la dernière minute « Conseil national de transition ».

Nous ne sommes pas dupes.

Le Parti ouvrier indépendant, qui, dès le premier jour, a condamné l’intervention militaire en Libye, ne se placera jamais « sous le parapluie de l’Otan ».Car le parapluie de l’Otan, c’est le parapluie des intérêts capitalistes et d’eux seuls.

En toutes circonstances, les opprimés et les exploités se doivent de défendre l’indépendance de leurs organisations. Et cela dans tous les domaines. Ainsi, en France, à l’heure où « l’intersyndicale », sous l’égide directe de la CFDT, revendique une « concertation » pour faire de la réduction des déficits publics une « priorité », il faut rappeler ce fait : les déficits ne sont creusés que par le paiement des intérêts de la dette, d’une part, et les exonérations fiscales et sociales accordées aux patrons, d’autre part. Le mouvement ouvrier n’a pas à entrer dans une quelconque discussion ou « concertation » sur la réduction des déficits publics ou le remboursement de la dette.

Le mouvement ouvrier n’a sa place ni sous le parapluie de l’Otan ni sous l’ombrelle du FMI ou de la Banque centrale européenne.

Pas un sou pour le remboursement de la dette ! Pas un sou pour le comblement des déficits ! Sur cette base, et en toute indépendance, le Parti ouvrier indépendant appelle à préparer le rassemblement internationaliste du 1er octobre, à Paris (1).

Daniel GLUCKSTEIN

 

(1) Pour qui douterait du rapport entre les deux questions, cette citation tirée aussi du Figaro : « La Libye, principale réserve d’or noir d’Afrique et quatrième producteur du continent, exportait avant le début de l’insurrection 80 % de son pétrole vers l’Europe, en particulier vers l’Italie et la France. Les spécialistes espèrent que les exportations d’hydrocarbures, aujourd’hui quasiment à l’arrêt, reprendront progressivement pour revenir à la moitié de leur niveau habituel l’an prochain et à 100% en 2013. » Ouf ! Les affaires reprennent.

A bas l’union sacrée !

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Mercredi 13 juillet 2011 3 13 /07 /Juil /2011 17:17

Edito

Tout s’accélère

 

Espagne, Portugal, Grèce… C’est au tour de l’Italie.

Ce 12 juillet, Giulio Tremonti quitte précipitamment ses collègues ministres des Finances de l’Union européenne réunis à Bruxelles. Il lui faut d’urgence rentrer à Rome pour « boucler » le plan de rigueur, dont l’adoption, prévue le 21, est avancée au 14 juillet. Il s’agit, explique le président du Sénat italien, de «  donner à l’étranger un signal de cohésion ».Message « reçu par les chefs de file de l’opposition de gauche et du centre au Sénat, qui ont indiqué (…) être d’accord avec une adoption “très rapide” de ce plan » (AFP, 12 juillet). De nouveau, le consensus droite-gauche pour répondre aux exigences des « marchés  », c’est-à-dire des spéculateurs et des capitalistes. Tous d’accord pour soumettre le peuple italien à un nouveau plan de rigueur de 40 milliards d’euros prélevés sur le dos de la classe ouvrière, de la jeunesse et des services publics.

A propos des services publics, justement  : l’organisation patronale européenne (PFE-CCRE) et la Fédération syndicale européenne des services publics (qui regroupe la totalité des organisations syndicales dans la fonction publique) viennent de signer une déclaration commune. Elles y «  saluent le guide de la Commission européenne sur les marchés publics socialement responsables ».Cette déclaration commune recommande de lire ce guide «  en parallèle avec le traité de Lisbonne », dont elle rappelle qu’il préconise la mise en place des «  services d’intérêt économique général  » (qui peuvent indifféremment être rendus par un service public ou un organisme privé). Le but étant de «  contribuer à une économie sociale de marché équitable ». Qu’est-ce qu’une «  économie sociale de marché équitable » ? C’est l’économie de marché, donc les privatisations, qui découlent de la « concurrence libre et non faussée » du traité de Maastricht (reprise dans celui de Lisbonne).On peut l’enjoliver de « social » ou « équitable », cela n’y change rien !

Ainsi, au moment où, dans toute l’Europe, l’Union européenne (dans le cadre de la « troïka ») impose le démantèlement des services publics et les privatisations, son « guide » sur les marchés publics (qui recommande la privatisation aux collectivités territoriales) obtient l’appui de la Fédération syndicale européenne (1) ! Ainsi se met en place la gouvernance corporatiste qui prétend associer les organisations ouvrières à la « troïka ».

Tout s’accélère. Nul ne peut croire qu’après l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Italie ne viendra pas le tour de la France. D’où l’importance de l’initiative lancée par 160 militants ouvriers et élus de toutes tendances et de toutes origines qui appellent le mouvement ouvrier à «  refuser le rôle que lui assignent les institutions internationales (FMI, BCE, Union européenne) et les gouvernements ».

Le POI, pour sa part, dans le respect de la diversité des signataires, ne peut que se reconnaître dans leurs objectifs. Et y puiser une détermination renouvelée à assurer le succès du meeting du 1er octobre avec des travailleurs et des militants venus de toute l’Europe pour dire d’une seule voix : non à la dictature de la « troïka », non à la dictature des déficits.

Daniel GLUCKSTEIN

Secrétaire national du POI

(1) La déclaration précise que l’adoption de ce guide est d’autant plus importante «  dans le contexte actuel de la crise économique et des mesures d’austérité  » dans laquelle «  les autorités locales et régionales pourraient inciter à opter pour le moindre prix ».

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